Cannabis Social Clubs : les producteurs-fumeurs ne veulent plus se cacher

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Cannabis Social Clubs : les producteurs-fumeurs ne veulent plus se cacher

Le nom sonne comme un club de fumeurs de Havane. Les Cannabis Social Clubs, associations de cultivateurs de chanvre, actuellement organisées dans l’illégalité, comptent se déclarer en préfecture début 2013.

C’est Dominique Broc qui l’a annoncé dans Le Monde paru le jour de Noël. Un peu comme le planteur qui voulait être jugé comme un criminel, cet homme sait très bien ce qu’il fait :

« C’est bel et bien un acte de désobéissance civile. On n’attend pas que l’on nous donne une autorisation. On veut imposer notre activité. »

En France, l’article 222-35 du code pénal punit de trente ans de réclusion criminelle et de 7,5 millions d’euros d’amende la production ou la fabrication illicites de stupéfiants en bande organisée.

Les interpellations pour usage de stupéfiants sont en hausse et ont atteint un total de 143 000 l’an dernier. Malgré sa politique répressive, la France est l’un des pays européens où la consommation de cannabis est la plus élevée, et elle ne cesse de croître.

Afin de forcer le débat politique, Farid Ghehioueche, l’un des fondateurs de l’association Les amis du Cannabis Social Club français, créée en août, incite donc les fumeurs-cultivateurs « à revendiquer la culture en bande organisée » :

« Il ne faut plus vivre caché, mais montrer que, oui, il y a des consommateurs responsables, et que c’est l’Etat qui est irresponsable de ne pas changer la loi. »

Farid, également initiateur du collectif Cannabis sans frontières, estime qu’après cinq ans de sarkozysme – « une nuit noire », selon lui – un « réveil » est en train de s’opérer depuis six mois chez les cannabinophiles.

« Mais ça reste “touchy”, on marche sur des œufs », concède-t-il. Tous les jours, il reçoit des appels pour adhérer à un club. Il invite les volontaires à se prendre en main :

« Fédérez-vous, prenez le temps de lire le code de conduite, définissez entre vous vos règles de fonctionnement… et ensuite on ira tous se déclarer en préfecture ou au commissariat. »

Sur les 200 000 cultivateurs de cannabis [estimation de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, OFDT], combien sont prêts à sortir du bois ? Dominique Broc avance le chiffre de 2 500 personnes, regroupées en 150 clubs, associations de fait et non de droit.

Parmi les 550 000 consommateurs quotidiens de cannabis [toujours selon l’OFDT, que les militants estiment largement sous-estimés], beaucoup voudraient sans doute rejoindre un de ces clubs, qu’ils soient jardiniers ou pas.

Le fonctionnement des clubs n’est pas encore clairement arrêté, mais il s’agirait de cultiver en commun, en partageant les frais et les risques, mais sans vendre. Culture en intérieur (« indoor »), en extérieur (« outdoor »), choix des plantes, usage ou non d’engrais… les membres du club devraient se mettre d’accord sur tous ces points. Ce n’est pas gagné, tant chaque cultivateur a ses petites habitudes.

Qu’ils osent finalement se déclarer ou pas, les amis des Cannabis Social Clubs auront en tous cas relancé le débat, même si au-delà d’Europe-Ecologie-Les-Verts, aucun parti ne semble décidé à s’en emparer.

Qu’importe, il faut des exemples. Comme celui de Jako Simon, qui, atteint du sida, a besoin de cannabis pour supporter les effets secondaires des trithérapies – ce qui lui a valu quelques ennuis avec la police.

Et Farid Ghehioueche de citer « un cas parmi des dizaines » :

« Quand un monsieur de 62 ans, qui cultivait son cannabis pour diminuer sa consommation de tabac et mieux dormir car il a de l’arthrose, se fait supprimer ses quatre pieds de chanvre, qui ne gênaient personne, que se passe-t-il ? On le met dans une situation où il va aller s’approvisionner sur le marché noir et creuser le trou de la Sécu ! »

Les partisans de la légalisation du cannabis thérapeutique ne sont pas nécessairement des soutiens des clubs, et préfèrent ne pas se mélanger aux usagers dits « récréatifs ». Pour Farid, au contraire, le combat est le même :

« On en prend tous pour se régénérer. L’essentiel est qu’on obtienne le droit à l’autoculture. »

Ce qui se joue dans cette bataille pour les Cannabis Social Clubs, c’est aussi la distinction entre des consommateurs qui se définissent comme des « citoyens responsables, des gens honnêtes qui doivent vivre cachés tellement la loi est mal faite », et les trafiquants, dealers… bref, ceux qui font commerce de la drogue.

Il faut écouter l’un des membres de l’appel du 18 joints rappeler :

« La plus grosse peur, ce n’est même pas la police mais les trafiquants. Certaines personnes qui ont des cultures se font braquer. On demande la protection de la police. »

Une tension confirmée par Michel Gandilhon, chargé d’étude à l’OFDT, cité par Le Monde :

« Depuis l’apparition des autocultures, il y a une concurrence de plus en plus rude et féroce. Il risque d’y avoir des tensions et davantage de règlements de comptes. »

Pas étonnant quand on compare le prix de vente, du cannabis qui va de 24 centimes le gramme (s’il est produit de façon artisanale) et 15 euros le gramme (sur le marché noir).

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