Un procès relance le débat sur le cannabis thérapeutique

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Un procès relance le débat sur le cannabis thérapeutique

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Les questions sur l’intérêt du cannabis à usage médical rebondissent à la faveur de deux événements : le refus de la justice d’accorder à un malade le droit de fumer pour se soulager et une prise de position inédite de la ministre de la Santé.

Atteint de myopathie depuis l’enfance, Dominique Loumachi assure que seul le cannabis le soulage des douleurs terribles liées à sa maladie. Cultivateur et consommateur régulier de chanvre indien depuis 1992, l’homme de 40 ans s’est vu refuser mercredi par la justice le droit de poursuivre pour des raisons thérapeutiques. Il a annoncé qu’il allait faire appel et qu’il irait jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme si nécessaire. De quoi relancer le débat sur l’usage du cannabis à des fins médicales, deux semaines après les déclarations de Marisol Touraine en faveur d’un médicament à base d’extraits de chanvre – une position inédite pour un ministre de la Santé français.

Les experts médicaux sont unanimes: il existe un gouffre entre le cannabis utilisé à l’état brut (fumé, mélangé à la nourriture ou infusé) pour soulager une douleur, et les médicaments contenants des substances actives issues de la plante. «La plante contient des molécules aux effets intéressants, mais aussi d’autres aux effets délétères. Et quand vous fumez par exemple, vous ne savez pas ce que vous consommez, ni en quelle quantité. Conseiller aux patients de fumer du cannabis pour se soigner, c’est revenir à la médecine du temps de Molière!», estime le Pr Xavier Laqueille, chef du service d’addictologie à l’hôpital Sainte-Anne à Paris.

La France isolée en Europe

«Fumer du cannabis à des fins thérapeutiques n’a aucun sens, confirme le Pr Pier Vincenzo Piazza, directeur d’un centre Inserm consacré aux neurosciences à Bordeaux*. En revanche, on sait que les cannabinoïdes, des molécules contenues dans le cannabis, ont des propriétés intéressantes: analgésique, anti-inflammatoire, stimulateur d’appétit… Elles sont utilisées dans des médicaments produits en laboratoire, comme le Sativex, ou le Marinol.»

Le Marinol est disponible en France sous des conditions très restrictives: le patient doit faire une demande d’autorisation temporaire d’utilisation avec son médecin auprès de l’agence du médicament. Mais Dominique Loumachi qui, de l’avis du chef du service de neurologie de l’hôpital de Belfort-Montbéliard, présente un cas «très rare» de maladie neuromusculaire pour lequel «le cannabis peut être efficace», refuse de prendre ce médicament qu’il juge «sous-dosé».

Touraine appuie le Sativex

Autorisé dans 18 pays européens, mais pas en France où la consommation de tout produit contenant des dérivés de cannabis est interdite, le Sativex du laboratoire GW Pharmaceuticals est, lui, destiné à soulager les malades atteints de sclérose en plaques. Marisol Touraine a souhaité fin février que la demande d’autorisation de mise sur le marché du fabricant pour ce médicament puisse être examinée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Cela nécessiterait une modification du Code de la santé publique que la ministre serait en train «d’étudier», selon son cabinet.

Le Pr Patrick Vermersch, chef du service de neurologie au CHRU de Lille, a testé le Sativex sur 25 patients dans le cadre d’un essai clinique qui s’est terminé il y a 3 ans. «Les résultats montrent que le Sativex fonctionne pour un certain nombre de patients – de l’ordre de 35% à 50% – pour soulager la spasticité, une raideur musculaire fréquente chez les malades atteints de sclérose en plaques», explique-t-il. Ce produit, qui se présente sous la forme d’un spray buccal, permettrait de disposer d’une nouvelle option pour les patients que l’on ne parvient pas totalement à soulager. Reste qu’il ne s’agit pas d’un produit révolutionnaire, relativise le neurologue. Il doit ainsi être administré en association avec d’autres médicaments déjà existants, notamment le baclofène.

«Pas les mêmes effets qu’un joint»

L’une des craintes évoquées régulièrement lorsqu’on parle d’un médicament dérivé d’une substance stupéfiante est le risque de toxicité ou d’addiction. Pier Vincenzo Piazza balaie cette inquiétude. «Le Sativex combine deux principes actifs du cannabis. Le THC, qui est responsable des effets secondaires délétères associés au cannabis «récréatif»: la sensation planante, les troubles cognitifs, etc. Et un autre, le cannabidiol, qui au contraire atténue cet effet. Quand ils sont présents en proportions égales, le risque de dépendance diminue fortement.» «Aucun des patients testés dans les essais cliniques n’ont rapporté de troubles similaires à ceux des fumeurs de joint», confirme de son côté le Pr Vermersch. Par précaution, il appelle néanmoins à un registre de suivi des utilisateurs de Sativex à long terme, pour surveiller l’apparition éventuelle de troubles cognitifs chez les personnes ayant un terrain prédisposant.

Le laboratoire GW Pharmaceuticals s’est dit prêt à déposer une demande d’autorisation de mise sur le marché pour le Sativex courant 2013. Si l’ANSM estime que la balance bénéfices-risques penche en faveur d’une autorisation, le produit pourrait être disponible en France, comme c’est déjà le cas dans 22 pays du monde.

* Neurocentre Magendie Inserm
Source : http://www.auxfrontieresdelascience.com

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