Drogue au Maroc : Le karkoubi continue de faire des ravages

Le Karkoubi. Cette drogue dont les effets sur les consommateurs ont fait coulé beaucoup d’encre au Maroc quelques années en arrière, continue de faire des ravages dans la société. Elle passe même désormais par les mains des plus jeunes.

20% des cas de traumatisme reçus aux urgences de l’Hôpital des Spécialités de Rabat présentent des antécédents de toxicomanie et concrètement d’une addiction au karkoubi, indique le neurochirurgien Mahjouba Boutarbouch, rapporte l’agence de presse EFE. Et d’expliquer que ces patients sont très difficiles à gérer, car ils présentent un niveau élevé de tolérance à la drogue et les anesthésier n’est pas une tâche facile.

Karkoubi, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un surnom communément donné aux médicaments psychotropes sur ordonnance (généralement le Rivotril ou le Gardenal) vendus illégalement au marché noir dans le pays. Pris à forte dose ou mélangé au haschich, à l’alcool ou à de la colle, ces médicaments peuvent provoquer des hallucinations et même un comportement psychotique.

Les désastres causés par ces comprimés ne datent pas d’aujourd’hui. Depuis plusieurs années, de nombreux crimes et violences ont été attribués à la consommation de cette drogue par les auteurs. Des cas comme celui du tueur en série Abdelali Amer, qui a assassiné 14 personnes à Rabat entre 2004 et 2005, sont restés des souvenirs douloureux. « Les consommateurs de psychotropes peuvent plonger dans les effets secondaires qui les mènent à l’amnésie, l’automutilation, ainsi que les pensées suicidaires et même meurtrières », signale le docteur Abdellah dans un rapport du Centre spécialisé en addiction de Casablanca.

Drogue des pauvres ?

Le karkoubi est largement consommé dans le pays. Tous les niveaux sociaux et économiques sont concernés, selon le psychiatre Fouad Laabudi du Centre nationale de prévention et de recherche en toxicomanie de Salé: Les quartiers défavorisés, les écoles, les stades, les femmes et les hommes, les garçons et les filles. Il est cependant difficile de déterminer l’année exacte qui a vu le début de ce fléau, indique le psychiatre, souligant que, les psychotropes circulaient déjà au noir dans les années 70. Et d’après le rapport du Centre spécialisé en addiction, « l’utilisation de médicaments psychotropes est étroitement lié à la misère sociale ou émotionnelle ».

En 2005, trois associations ont tiré la sonnette d’alarme après avoir constaté que l’un des bastions des trafiquants était les écoles et les instituts. Aujourd’hui, les psychotropes passent de main en main, même entre des enfants de 12 ans. « Les comprimés sont petits, faciles à consommer et à cacher. Cela (leur) permet de tromper facilement la vigilance des policiers lors des descentes de police », explique Mohamed Harir, membre de l’association « L’heureux Joyeuse ».

En 2007, 80% des jeunes en prison l’étaient pour des délits commis sous effet du karkoubi, selon la presse. La même année, une campagne de sensibilisation a été lancée. Six ans plus tard, ce psychotrope pose toujours problème. 

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